Composée pour l'essentiel de petites entreprises, la filière nautique bretonne tire son épingle du jeu, malgré la crise. Le fruit d'une attitude innovante, dans le sillage de la course au large.Dessiné pour succéder au bateau du Tour de France à la voile, le JPK 998 présenté dans les allées du Nautic symbolise à lui seul le dynamisme breton. Deuxième prototype du nom après les premiers essais de l'été dernier, le voilier a réuni l'expérience de plusieurs PME morbihannaises. Une vitrine du savoir-faire qui pourrait devenir synonyme d'un nouveau développement pour le jeune chantier lorientais. Si l'organisation du Tour venait à retenir le projet, 15 unités y seraient fabriquées chaque année.
« La force des chantiers bretons que sont JPK, Structures ou encore Marée haute est de proposer des bateaux sur mesure. Si les grands chantiers traversent une période de trouble, les entreprises bretonnes ont des carnets de commande plus ou moins pleins », témoigne Jean-Jacques Le Norment, chargé du développement de la filière à l'agence économique de Bretagne. Le chemin ouvert par les chantiers dédiés à la course au large continue ainsi à être défriché.
Près de 10.000 emploisDerrière Navimo (groupe Plastimo) et ses 750 salariés (dont 280 à Lorient), la filière bretonne réunit près d'un millier d'entreprises, dont 610 chantiers de construction pour quelque 10.000 emplois. Une filière de poids qui s'apprête encore à grossir. Le chantier normand Arcoa installera bientôt 120 de ses salariés à Lorient, soutenu pour cela par la Région (400.000 €). Il sera suivi par le groupe Alliaura marine, à Lanester (56), pour la construction de voilier haut de gamme. Quant aux entreprises régionales, elles bénéficient d'une aide à la décision et à l'investissement. « Nous sommes aussi là pour éclairer leur chemin, particulièrement dans cette période », poursuit Jean-Jacques Le Norment. Bien qu'assez confidentiels aux yeux du grand public du Nautic, les projets d'Heol, de Structures, d'Alphena ou de Marée haute ne passent pas complètement inaperçus.
Le marché de niche des entreprises bretonnes fait recette. Et les projets ne manquent pas pour les prochaines années.
Nouvelles pratiquesUne réflexion soutenue par Eurolarge innovation. La structure d'accompagnement et d'animation de la filière course au large s'investit auprès des chantiers. Une dizaine de journées d'informations technologiques ont été proposées l'an passé, réunissant des chantiers de toutes tailles. L'occasion de défricher des thèmes aussi variés que la sécurité ou l'énergie à bord. Et cette avance, il convient de la confirmer. L'agence régionale d'information scientifique et technique y travaille. Pour le chargé de développement, « face à la saturation des ports et à la difficulté de créer de nouvelles places à flot comme à terre, il est aussi nécessaire de réfléchir à de nouvelles façons de pratiquer la plaisance ». Les premières réponses commencent à tomber.