À mi-parcours, dans un alizé instable, la flotte file vers l'arc antillais. Sous les tropiques, les équipages en profitent pour faire sécher les cirés trempés. Un réchauffement climatique bienvenu.Deux flottes, deux parcours. Donc, a priori, deux routes différentes. Pourtant, à regarder la cartographie, on se rend compte que les monos naviguent quasiment tous non loin de l'orthodromie (route directe)... des multis. Hier, le premier d'entre-eux, «Crêpes Whaou!», naviguait juste derrière le trio de tête des Imoca. D'ici peu, Escoffier et Le Roux seront devant tout le monde. Avec une question en toile de fond: qui arrivera le premier au Costa Rica?
ETA, le 24 novembre«Ce seront les multis de 50 pieds», avait prédit Jean Le Cam. Hélas, «Actual» a chaviré cinq heures après le départ duHavre et Le Cam n'aura donc pas ce plaisir d'accueillir le premier mono à Puerto Limon. En revanche, le coup est encore largement jouable pour l'intouchable leader qui va devoir laisser la Barbade à tribord, soit un détour de 275 milles. Dans les alizés, le trimaran signé VPLP marche comme un avion et le speedomètre ne descend presque jamais en dessous des 20 noeuds. «Là, on marche à 24 noeuds», expliquait hier Franck-Yves Escoffier qui naviguait, il y a deux jours encore, dans le sillage de «Foncia». Pendant que «Crêpes Whaou!» file à 24 noeuds, les monocoques affichent des moyennes comprises entre 12 et 16 noeuds. Tout se jouera dans la mer des Caraïbes mais il est fort probable que le trimaran arrive, comme en 2005 à Salvador de Bahia (Brésil), le premier au classement scratch. L'ETA (heure estimée d'arrivée) du premier est prévue le 24novembre. Soit un jour avant le premier monocoque.
Guillemot: «Les autres sont trop loin»Du côté des monocoques, tous les duos savourent la hausse des températures. Ah que ça fait du bien de ne plus se prendre des paquets de mer dans la figure. «On n'est plus en ciré et on peut passer du temps dehors. C'est agréable», avouait hier Marc Guillemot, confortablement installé dans le fauteuil de leader. Fort du potentiel de son «Safran» et de son avance, le Trinitain avoue surveiller ses plus proches concurrents, en l'occurrence «Groupe Bel» et «Mike Golding Yachting». «S'il n'y a pas de casse, la course se joue désormais entre nous trois: les autres sont trop loin». Et pan, voilà qui a le mérite de la clarté. Selon Guillemot, les «Foncia», «Veolia» et «Aviva» n'ont plus aucune chance de revenir. Il n'y aurait donc plus aucun suspense, plus aucun coup à jouer? Ce n'est pas l'avis de Kito de Pavant dont le «Groupe Bel» carbure dans l'alizé. A 18 noeuds: «Ce soir, (ndlr: hier soir) il va peut-être y avoir une option à jouer. On essaye de se décaler plus au sud. Car, au nord, il y a une zone de vent faible que l'on voudrait éviter. On essaiera d'être plus vent arrière en approchant des Antilles. C'est une course de vitesse».
Mode furtifUne course de vitesse jusqu'à l'entrée dans la mer des Caraïbes. Là, il peut encore s'en passer des choses car il restera plus 1.000 milles à parcourir. Sans compter que hormis les Nordistes Parlier et Rivero, aucun des autres Imoca n'a utilisé son mode furtif. A savoir disparaître des pointages et de la cartographie, histoire de tactiquer à l'abri des regards indiscrets. Une nouvelle version de «Pirates des Caraïbes»? Que le film commence.