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article publié le 23 Novembre 2009

TransatJacques Vabre Le bonheur de la glisse

Les conditions sont propices à la glisse pour les concurrents de la Jacques Vabre. Le duo Guillemot- Caudrelier tient toujours Kito de Pavant et François Gabart en respect. Mais rien n'est joué.

Après une première partie sur un terrain de jeu mal pavé, les concurrents de la Jacques Vabre apprécient les conditions de navigation du moment. Un alizé portant et assez soutenu, une mer pas trop formée et un bateau qui glisse, c'est un rêve de marin. Mais, pour autant, la compétition est omniprésente en toile de fond. En tête, le duel entre Safran et Groupe Bel est toujours intense et, derrière, dans le second groupe emmené par Foncia un peu détaché, une bataille de chiffonniers est engagée pour les places d'honneur.

Caudrelier sur ses gardes
Il y a quelques jours, François Gabart évoquait «le jeu du chat et de la souris» à propos de la bataille qui se joue en tête. Dans le rôle du matou à l'affût, l'équipage de Groupe Bel ne veut pas laisser s'échapper la souris grise et orange (Safran) pourtant vive comme l'éclair. L'écart reste stable autour de 50 milles et les vitesses de ces deux 60 pieds IMOCA ressemblants sont assez équivalentes. Charles Caudrelier et Marc Guillemot, leaders depuis huit jours, ne lâchent rien: «C'est agréable, ça glisse bien les conditions sont vraiment sympas mais c'est clair que c'est sans relâche», confiait Caudrelier. Après avoir mené depuis si longtemps, le duo de Safran n'entend pas se faire faire coiffer sur le fil mais se méfie: «Au portant, les choses peuvent vite changer, il suffit d'un décalage. On le surveillera jusqu'au bout et plus on créera un matelas important, mieux ce sera pour l'arrivée», ajoutait hier le Finistérien. 55 milles d'avance c'est confortable si les conditions de navigation sont stables, c'est une autre histoire si elles sont tordues. Et à l'approche de Puerto Limon, c'est plutôt un régime instable avec des vents mollissants qui est promis à ces marins.

Petite alerte pour Groupe Bel
Pour l'heure, ils accélèrent dans l'alizé avec parfois des figures de style incontrôlées. Lancé aux trousses de Safran, Groupe Bel s'est ainsi offert un départ au lof avec 600 m2 de toile en l'air. Une petite sortie de piste sans dommage qui a juste sorti brutalement Kito de Pavant de sa bannette et rappelé ce duo à la vigilance. Garder de la lucidité sera déterminant dans ce sprint final au portant. Derrière, alors que Mike Golding et Javier Sanso tiennent la corde pour la troisième marche du podium, Foncia déboule depuis quelques jours. «A bord de Foncia, ça va chaudement. On a du vent soutenu actuellement, ce qui n'est pas pour nous déplaire car cela a été un peu mou dans la nuit», expliquait Michel Desjoyeaux qui a choisi le Sud de la Martinique comme porte d'entrée dans l'arc antillais. A une centaine de milles de Foncia, on s'empoigne sans concession pour la cinquième place et le duo Rivero - Yves Parlier (1876) ralenti dans une zone de transition avec du vent faible a, pour l'instant, damé le pion aux sudistes.

Escoffier à l'attaque
Pour Franck Yves Escoffier et Erwan Leroux, dont l'ambition clairement affichée est de devancer les premiers monocoques, la tâche n'est pas si simple car ils sont obligés de tirer des bords au vent arrière alors que les monos descendent en route plus directe vers le Costa Rica. Les deux complices de «Crêpes Whaou» sont allés chercher un peu plus de pression près des côtes vénézuéliennes et ils l'ont trouvée. «Nous avons barré comme des sauvages toute la nuit», confiait F-Y. Escoffier, hier matin. Jusqu'au bout, ces deux marins pleins de panache pousseront les feux de leur trimaran rouge.
Gilbert Dréan