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article publié le 26 Novembre 2009

Transat Jacques Vabre Golding et Sanso à l'ancienne

Sous le soleil et par une chaleur écrasante, Mike Golding et Javier Sanso ont pris, hier à Puerto Limon, la 3e place en Imoca. Privé d'énergie dès la sortie de Manche, l'Anglais et l'Espagnol ont dû naviguer «à l'ancienne» jusqu'au Costa Rica.

Depuis hier, à 8h59', on connaît le podium Imoca de cette 9e Transat Jacques Vabre. Toujours placé mais rarement gagnant, l'Anglais Mike Golding, accompagné de l'Espagnol Javier Sanso, a donc pris la troisième place. Une jolie performance pour Golding qui, non content d'être privé de sponsor depuis le retrait de «Ecover» en début d'année, a dû parcourir les 4.700 milles du parcours sans énergie à bord.

«Selon ton intuition»
Dès la sortie de la Manche, le moteur a refusé de démarrer. Puis, c'est la girouette en tête de mât qui a arrêté de fonctionner. Et, qui dit plus de moteur, dit plus d'énergie, donc plus de pilote automatique. «Donc des heures et des heures à la barre. Forcément, cela a changé notre façon de faire les choses. Oui, c'était dur», avoue Golding. Dur de ne pas pouvoir naviguer comme les autres. Dur surtout de ne pas savoir où était la concurrence. Dur enfin de ne pouvoir récupérer des fichiers météos. «Dans ces cas-là, tu fais selon ton intuition et avec ton expérience».

En mode survie
Après 17 jours 1h29' 38'', de course, le monocoque aux couleurs de «Mike Golging Yacht Racing» est arrivé au Costa Rica, soit 1 jour 6h7' 28'' après le premier monocoque «Safran». «On est heureux d'en finir, Javier et moi. On n'avait pas beaucoup navigué ensemble avant cette course mais cela s'est bien passé». Pour l'Espagnol, cette Transat Jacques Vabre aura aussi été très difficile. Lui, il s'attendait à vivre 3-4 jours difficiles. Au lieu de cela, il a eu droit à une semaine particulièrement musclée et inconfortable. «On a eu froid pendant sept jours. Dans la tempête, on a pris 60 noeuds de vent, avec des rafales à 66noeuds. Cela a duré longtemps et on ne pouvait pas affaler la grand-voile. On était bloqué à l'intérieur du bateau, à attendre. A subir. C'était de la survie».

«Troisième, c'est bien»
En sortant de cette tempête qui a malmené les hommes et les machines, Golding et Sanso se sont rendu compte qu'ils étaient bien placés. A seulement 15 milles de «Safran». Du coup, malgré les problèmes d'électricité et d'électronique, malgré la fatigue, ils n'ont rien lâché. «Troisième, c'est une très bonne place pour nous, surtout avec cette concurrence-là», lance Javier en montrant du doigt les deux plans Verdier - VPLP, «Safran» et «Groupe Bel», amarrés juste à côté. Le temps de manger un morceau, de prendre une douche et de se changer, Javier Sanso a pris la direction de l'aéroport de San José. «Vol pour Madrid à 15h». Quant à Mike Golding, il allait se mettre en quête d'un électricien. Le bateau doit être convoyé en Europe prochainement et, même en équipage, il n'est pas question de faire le retour comme à l'aller. «La prochaine fois, j'emmènerai un sextant!»
Philippe Elies