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article publié le 14 Septembre 2009

Transat 6.50 : 1re étape (La Rochelle - Madère) Un départ très mouvementé

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Du soleil, du vent portant soutenu, 85 solitaires et... quelques étourdis qui se sont trompés de parcours d'entrée. Le départ de la 17e édition de la Transat 6.50 a été très animé, hier à La Rochelle.

La Mini n'est pas le Vendée Globe. Le premier dure 30 jours, trois mois pour le second. Le port des Chalutiers à LaRochelle ne ressemble en rien à celui de Port-Olona aux Sables-d'Olonne. Et c'est un doux euphémisme de dire que les 6.50m ne sont pas des 60 pieds. Et pourtant, hier matin, il flottait un même parfum d'aventure. Celui que sentent ceux qui partent en solitaire, autour du monde ou sur une transat. Qu'ils soient professionnels ou amateurs. D'ailleurs, le public ne s'y est pas trompé. Il y avait foule sur les pontons rochelais et l'ambiance était très conviviale. On a presque envie de dire familiale.

Il y a bouée et... bouée
Sur l'eau, en revanche, ce fut une autre histoire. Avec 85 coques de noix au départ, d'aucuns craignaient que la fête soit gâchée par une collision. «Le meilleur moyen d'éviter les problèmes, c'est d'être rapidement devant et non pas de partir derrière», affirmait Davy Beaudart, l'un des prétendants à la victoire en Série. Il y a bien eu quelques bobos (lire ci-dessous) mais le fait marquant de ces premières heures de course est l'énorme bourde d'une vingtaine de skippers qui s'est trompée de marque de parcours. Au lieu de contourner la bouée de dégagement, mouillée à 1,7 mille de la ligne de départ, plusieurs concurrents ont viré une bouée utilisée par les organisateurs pour délimiter la zone de sécurité. Cette bouée-là était positionnée à seulement 1,2 mille de la ligne. A la décharge des fautifs, il faut admettre que la présence des nombreux bateaux-spectateurs et des vedettes-presse, tous postés près de la «mauvaise» bouée, a ajouté à la confusion.

«On a ramassé»
Tels des moutons de panurge, plus de 20 solitaires se sont pris les pieds dans le tapis. Une heure après le départ, donné dans un vent d'est 15-20 noeuds, on a assisté à des scènes étonnantes. Ainsi, on a vu Bertrand Delesne, tout sourire en train de surfer à plus de 15 noeuds, obligé d'affaler son spi dans la précipitation en voyant que, derrière, ses petits camarades faisaient demi-tour, pour repartir au près pour aller virer la bonne bouée. «Sur ce coup-là, on a ramassé», disait Sébastien Picault. Le skipper de «Kickers» n'était pas le seul gros bras à s'être fait avoir. Outre Delesne, il y avait aussi Pierre Brasseur, Thomas Ruyant, Rémi Aubrun, Henri-Paul Schipman et Olivier Avram. Tous s'en voulaient de s'être fait avoir comme des bleus qu'ils ne sont pas.

30-35 noeuds au cap Finisterre
Pendant ce temps, les protos de Nicolas Boidevezi, Stéphane Le Diraison, Laurent Bourguès et Fabien Desprès avaient pris la poudre d'escampette et déboulaient sous spi à plus de 15 noeuds. Tout comme Francisco Lobato et Davy Beaudart, leaders de la première heure en Série. Le problème pour ceux qui se sont trompés de bouée n'est pas tant les minutes ou l'heure perdues mais ce sentiment d'avoir fait une grosse bêtise, d'être un peu honteux et d'avoir envie de se refaire rapidement. Donc d'appuyer à fond sur la pédale d'accélérateur dans le golfe de Gascogne. Sauf qu'il faudra savoir lever le pied au passage du cap Finisterre où on attend une accélération du vent. Les fichiers annoncent 25-30 noeuds, donc 35-40 noeuds dans les rafales et une mer casse-bateaux. «On part pour une étape d'anthologie», disait Bertrand Delesne hier matin. Les premiers milles, c'est sûr, ils seront quelques-uns à les garder longtemps en mémoire...
Philippe Eliès (Photo Philippe Eliès)