Yves Le Blévec (Actual) a remporté, hier à Saint-Quay- Portrieux, le Trophée après trois jours de régates. Franck-Yves Escoffier («Crêpes Whaou!») a dû se contenter de la deuxième place devant l'étonnant Victorien Erussard.En trois jours, les dix multicoques engagés ont disputé dix manches. Dans des conditions assez variées: des airs faibles (4noeuds) vendredi matin, une brise plus soutenue samedi (13-15 noeuds), du médium hier. L'idéal pour tester les trois nouvelles machines, «Actual», «Crêpes Whaou!» et «Prince de Bretagne». Alors que l'on pensait «Crêpes Whaou!» intouchable, «Actual» a finalement réussi à trouver les bons réglages pour rendre la confrontation plus intéressante. «On n'a pas arrêté d'inventer des trucs nouveaux, de chercher des solutions pour aller plus vite», admet LeBlévec.
Le Blévec fair-playIl est vrai qu'à bord de son «Actual», ce ne sont pas les compétences qui manquaient avec Jean Le Cam et Jean-Baptiste Le Vaillant. Pour Yves Le Blévec, qui débarque du circuit mini (ndlr: il a gagné la dernière Transat 650), cette première victoire tombe à pic. «Je découvre le multi donc j'ai forcément beaucoup de choses à apprendre. Évidemment, je suis très satisfait du week-end». Beau joueur, le Trinitain admet aussi que la règle de Classe, qui stipule qu'aucune manche ne peut être enlevée en Grand Prix, lui a facilité les choses: «On profite de l'abandon de «Crêpes Whaou!» samedi pour gagner le Trophée. Cela dit, dimanche, sur trois manches disputées, on termine deux fois devant lui. Ça, c'est très positif pour nous car «Crêpes Whaou!» reste quand même la référence en 50pieds». Exact car il ne faudrait surtout pas oublier que Escoffier a remporté sept des dix manches disputées.
Le panache d'ErussardS'il ne possède pas -loin s'en faut- le bateau le plus récent de la flotte, Victorien Erussard (30ans) a démontré pendant trois jours l'étendue de son talent. Pour sa dernière course sous les couleurs de «Laiterie de Saint-Malo», le Malouin a sorti le grand jeu. Agressif sur la ligne de départ, il ne s'est pas ensuite contenté de suivre les deux trimarans neufs. Hier, lors de l'ultime manche du jour, il s'est même offert le luxe de les laisser dans son sillage. Bel exploit quand on sait que la plate-forme de son trimaran date de 20 ans! «Tactiquement, on savait ce qu'on voulait faire et on n'a commis aucune erreur. On voulait surtout finir sur une bonne note». Victorien Erussard cherche un partenaire pour la prochaine Transat Jacques Vabre qu'il espère disputer avec son coéquipier Loic Féquet. «On a largement les moyens de finir sur le podium au Costa Rica», lance-t-il. Après, il aura le temps de rêver à un bateau neuf.
Cléris confiantÉgalement très attendu avec son tout nouveau «Prince de Bretagne», Hervé Cléris a terminé ce Trophée à la 5e place. Le fait d'avoir devant lui deux bateaux de l'ancienne génération n'inquiète pas le skipper morlaisien outre mesure: «Nous sommes dans une période d'essais. On a progressé au fil des jours. Et puis, le bateau n'est pas typé pour le petit temps, il est orienté brise et large». Cléris admet qu'il cherche encore le mode d'emploi. «A ce sujet, on a hâte de partir en qualification pour la Transat Jacques Vabre». Lui et son coéquipier Christophe Dietsch doivent parcourir 1.000 milles au large. L'idéal pour prendre la machine en main.