Karine Fauconnier effectue son retour sur un multicoque dans cette transat Jacques Vabre. Après une parenthèse maternelle, la navigatrice retrouve le large aux côtés de Franck-Yves Escoffier sur le trimaran 50 pieds « Crêpes Whaou ». Une opportunité qui redonne le sourire à cette battante.
Meurtrie par le retrait de son partenaire Sergio Tacchini du circuit 60 pieds en 2005, Karine Fauconnier a privilégié les options et les bonheurs de la vie de famille. Elle s'est mariée et a donné naissance à une petite fille. Mais cette parenthèse plus douce ne lui a pas ôté le goût du large. Elle n'a jamais fait mystère de son intention de revenir à la haute compétition.
Un contexte idéalCette année, elle a skippé le « Décision 35 Ladycat » mené par un équipage féminin sur le Challenge Julius Baer face à Ernesto Bertarelli, Alain Gautier et épisodiquement Loïck Peyron ou Franck Cammas. Mais le Lac Léman ne procure pas la même griserie que l'océan. Alors Karine ne boude pas son plaisir à un mois du départ de cette transat Jacques Vabre « Je n'ai jamais eu envie d'arrêter. Je me suis trouvée en panne de sponsor. Mais c'était indépendant de ma volonté. Remettre le pied à l'étrier sur un trimaran de 50 pieds c'est l'idéal. C'est une taille raisonnable. Je reviens sur un support qui m'est familier, en plus aux côtés d'un marin d'expérience qui connaît parfaitement son bateau et l'a fiabilisé. Et j'aime cette transat vers le Brésil même si le départ du Havre puis le Golfe de Gascogne en Novembre ce n'est pas toujours facile. Le bateau connaît la route. On aura à coeur de faire aussi bien qu'il y a deux ans (1) ».
Pas de stressSon changement de statut et le fait de laisser sa petite fille derrière elle n'induisent pas d'anxiété particulière. « Non, il n'y a aucune raison. C'est le métier et c'est une situation que j'ai beaucoup vécue enfant avec mon père (Yvon Fauconnier) coureur. Je pars donc l'esprit tranquille sans stress. » La passion pour la course au large, y compris en solitaire, est toujours aussi forte. Au-delà de cette pige sur « Crêpes Whaou », Karine s'interroge sur son avenir de marin qu'elle aimerait toujours sur trois coques. La classe des 60 pieds en déclin sera-t-elle relancée par le passage à la monotypie avec le 70 pieds One Design ? « J'aimerais bien que cela marche. Lorsque je me suis retrouvée sur le quai, j'ai eu des contacts qui n'ont pas abouti parce que le paysage des multis était incertain. Il faut un meilleur rapport qualité prix sur ces bateaux et de meilleures retombées pour les investisseurs. » Pour l'heure, Karine savoure le fait de s'élancer dans la Jacques Vabre pour une transat même corsée. « J'avais trop envie de retrouver le goût salé » lâche-t-elle.
En 2005, « Crêpes Whaou » mené par Franck-Yves Escoffier et son fils Kevin s'était aisément imposé dans sa classe et avait été le premier à rallier Bahia compte tenu du parcours rallongé des 60 pieds multis. Cette année tous les bateaux qui s'élanceront en deux vagues (les 3 et 4 novembre) effectueront le même parcours.