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article publié le 10 Mars 2008

Voile. Jacques Caraës raconte son naufrage

Mardi matin, à peine revenu de Nouvelle-Zélande, après le naufrage du trimaran Groupama, sur lequel il courait pour le trophée Jules-Verne, Jacques Caraës est venu répondre au flot des questions des élèves du cycle 3 de l'école Notre-Dame-des-Anges. Les enfants avaient suivi son périple depuis le début. « Quatre heures après le déclenchement de la balise de détresse, trois hélicoptères nous ont hélitreuillés et, une heure après, nous étions tous sur la terre ferme. Les secours ont été rapides et efficaces. Comme le bateau avançait, nous avons dû sauter à l'eau dans nos combinaisons de survie ».

Des heures à tourner


« Aujourd'hui, (NDLR : mardi), continue-t-il, nous aurions dû être entre le Brésil et l'Uruguay. J'ai tourné plein d'images pendant l'attente des secours. Je reviendrai pour vous les montrer ». Pendant une heure, Jacques Caraës a répondu aux nombreuses questions, puis, sollicité par la professeure d'anglais, il a donné au cours une couleur différente. Avant sa prestation scolaire, il avait livré quelques confidences : « Nous avons eu un accueil extraordinaire. Les sauveteurs nous ont invités au restaurant, peu après notre arrivée. Nous y avons fait sensation, en combinaison de survie et en caleçon ! ».

Un vrai conteur


Et de poursuivre : « Pendant le repas, une dame du Secours catholique est arrivée, le coffre rempli de vêtements. Après avoir choisi, nous avions fière allure ! Quant aux policiers, ils nous ont prêté une voiture, afin que nous puissions faire les courses. Ils nous ont aussi invités dans leur restaurant. Le dernier soir, sachant que nous devions rejoindre l'aéroport, le lendemain assez tôt, nos sauveteurs nous ont proposé de nous y transporter en hélico. Au petit matin, les trois appareils étaient devant l'ancien couvent où nous logions ! ». « Le remorqueur que nous avons affrété pour récupérer Groupama a servi à des expéditions en Antarctique et a eu à son bord des gens comme Haroun Tazieff », a-t-il ajouté, racontant la vie d'aventurier de son armateur : « Fils de paysans écossais, il a rempli un camion de produits de la ferme, avant de rejoindre la Nouvelle-Zélande. Il a traversé Israël en pleine guerre des Six jours, en 1967 ! » 
Le Télégramme