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article publié le 6 Février 2009

Vendée Globe. L'autre vainqueur

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Michel Desjoyeaux a eu chaud ! Trente-six heures après lui, un skipper invisible a franchi la ligne d'arrivée. Il s'agit du Rennais Hugues Fournier, vainqueur du jeu Virtual Regatta. Portrait d'un marin pas comme les autres.

À l'arrivée, il n'y avait personne pour l'accueillir et pour cause... Quand Hugues Fournier, 31 ans, ingénieur de son état, a franchi la ligne en grand vainqueur, il était chez lui à Bruz. C'est de là qu'il a surfé sur la toile pendant 85 jours 19 heures et quarante-cinq secondes. Son voilier baptisé Inderwelstein a parcouru 26.994,2 milles à la vitesse moyenne de 13,1 noeuds. Plus rapide que le Foncia de Desjoyeaux. Comme lui, ils étaient plus de 320.000 à régater sur le jeu en ligne Virtual Regatta, sorte de Vendée Globe pour marins d'eau douce. D'ailleurs, Hugues est un marin d'eau douce. « Oui, j'ai commencé la voile à 7 ans sur un plan d'eau en Mayenne ». « Et en Optimist uniquement », précise ce garçon très discret, surdoué de l'informatique (il est développeur dans le domaine des logiciels libres, NDLR), qui s'est piqué au jeu comme ça. « Juste pour voir ce que je valais », avoue-t-il. Alors, il a commencé timidement dans l'Atlantique avant de s'y mettre sérieusement à hauteur de la Nouvelle-Zélande. « J'ai toujours été dans les 100 premiers ». Son secret ? Il n'en a pas. « Je me suis simplement appliqué à soigner ma vitesse et mon cap ».

Le coup de bol des Açores
Son voilier virtuel, il lui consacrait quatre heures par jour. Deux heures à midi, deux autres le soir. Parfois jusqu'à 1 h du matin. « Je suis un peu insomniaque, donc ça ne me gênait pas de me lever toutes les quatre heures pour régler mon cap. J'ai aussi la chance de travailler à la maison... ». Au cap Horn, il était 17 e mais il a bien cru que tout était fini dans le Pot au noir où il admet avoir pris une « mauvaise option ». Fort heureusement, l'anticyclone des Açores l'a remis dans le jeu : « Un vrai coup de bol », selon le Rennais, qui a triomphé avec plus de 80 milles d'avance sur le second. « Je suis content d'avoir gagné mais le jeu était assez simple en fait... ». On connaît pourtant quelques skippers pros qui s'y sont cassé les dents ! Et contrairement à certains bateaux, qui étaient menés par deux, voire trois personnes, Hugues a joué seul. Sans acheter les réglages automatiques. Tout juste s'est-il amusé à aller surfer sur des sites météo très pointus. Hugues a, à présent, raccroché son ciré mais la course continue néanmoins pour lui. Aujourd'hui, il monte à Paris pour y rencontrer les médias. « Franchement, je ne pensais pas que ma victoire allait faire autant de bruit, s'étonne-t-il. Ce n'est qu'un jeu en ligne ! ». Un jeu en ligne qui peut rapporter gros car si le vrai vainqueur du Vendée Globe a empoché la coquette somme de 150.000 €, le gagnant de Virtual Regatta va bientôt recevoir un chèque de 10.000 €. Pas mal pour quelqu'un qui jouait « juste pour le plaisir ».

Un autre Breton sur le podium
À la barre de facealamer-immo, Hervé Lurton a terminé 3 e sur Virtual Regatta. Cet agent immobilier à Saint-Pierre Quiberon (56) possède un CV nautique impressionnant : Sport-études voile, membre de l'équipe de France de Tornado, sept transatlantiques. 
Philippe Eliès (photo Philippe Eliès)