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article publié le 28 Juillet 2009

Solitaire du Figaro : départ jeudi de Lorient - Yann Eliès a déjà gagné !

Sur la base des sous-marins à Lorient, YannEliès promène sa bonne humeur. Sept mois après son accident dans l'océan Indien, le Costarmoricain se présente au départ de la Solitaire du Figaro. «C'est ma plus belle victoire d'être là», dit-il.

Physiquement, avez-vous recouvré l'ensemble de vos capacités? «Physiquement, disons que je suis à 90% de mes capacités, donc au mieux de ce que je pouvais récupérer entre le moment de l'accident (ndlr: jambe cassée), mon arrivée en Australie et le mois de juillet. Il me manque un peu de résistance physique. J'ai aussi du mal à résister à la fatigue. Aujourd'hui, il reste encore une inconnue et pas des moindres, je ne sais pas si, physiquement, je vais résister à ces quatre étapes. Je sais dans quel état j'ai fini les deux courses d'avant-saison, à Concarneau et à l'Aber-Wrac'h: j'ai gagné les deux épreuves mais j'étais bien cassé, donc je sais que ça va être difficile. Quand je monte des escaliers, je sens encore ma jambe».

Vous attendiez-vous à un tel retour gagnant?
«J'avais surtout envie d'être sur l'eau, de me faire plaisir. Après la gagne en découle. C'est une conséquence du plaisir que tu prends sur l'eau. Avant de partir sur ces deux courses-là, j'ai ressenti de l'appréhension puis une forme d'extase ensuite en mer. Je suis heureux d'être sur l'eau, je suis également heureux de retrouver le support, de retrouver toute la caravane de la Solitaire, tous les coureurs. Tout ça, c'est du plaisir à l'état pur pour moi». Sur les 52 skippers, il y a du beau monde et beaucoup de favoris mais aussi pas mal d'outsiders: dans quelle catégorie vous rangez-vous? «Je ne regarde pas trop qui est là, qui est en forme. Je suis dans mon truc, c'est-à-dire dans le plaisir de retrouver la mer. C'est cela qui me mène aujourd'hui et j'essaie de faire abstraction de tout ce qu'il y a à côté, d'oublier l'enjeu sportif. Pour moi, l'enjeu était d'être là, sur la ligne de départ. Ma victoire, elle est là, d'être debout sur mon bateau. Je suis fier de ça». Que peut-il vous arriver de mieux sur cette 40e édition? «Gagner la Solitaire tout simplement! Ça serait un formidable retour! Ah oui, ça serait énorme! Cela voudrait dire que j'ai quitté la rubrique des faits-divers pour revenir dans la rubrique sportive, même si mes deux victoires en début de saison ont permis de faire comprendre aux gens que j'étais revenu. Que j'étais redevenu un sportif de haut-niveau! C'est important pour moi mais également pour tous les patients que j'ai rencontrés lors de mes passages. C'est un message d'espoir, cela veut dire allez-y les gars, ça vaut le coup de se battre». En dix participations, vous avez déjà remporté quatre victoires d'étape sur cette Solitaire: l'objectif vous semble-t-il réalisable cette année? «Couper la ligne d'arrivée d'une étape en tête, c'est un grand moment de bonheur et, j'avoue, qu'au minimum, j'aimerais y regoûter cette fois-ci. Maintenant, je sais que je ne suis pas le seul. Des favoris, j'en vois une dizaine: Troussel, Beyou, Le Cléac'h, Caudrelier, Desjoyeaux, Duthil, Morvan, et moi. Je refuse de m'enfermer dans l'étau psychologique dans lequel sont tombés plusieurs figaristes en pensant que l'une des marches du podium était réservée à Michel Desjoyeaux. Que les autres se battaient pour les miettes. Moi, aujourd'hui, je n'ai peur de personne. J'ai juste peur de ne pas prendre de plaisir et de me faire mal».

«Ma victoire, elle est là, d'être debout sur mon bateau. Je suis fier de ça». YannEliès
Philippe Eliès (Le Télégramme)