L'industrie de la plaisance bretonne, qui affectionne les niches, affronte mieux la crise que son homologue vendéenne, qui mise tout sur les grandes séries.« En fin d'année, on a pris un ris ». La formule est d'Yves L'Helgouach, le P-dg de Cornouaille Nautique. L'homme, qui dirige la concession Bénéteau la plus puissante de l'hexagone, avait échafaudé comme nombre de ses collègues un scénario catastrophe à l'automne. « On nous disait que le secteur bancaire allait être à genoux. Il n'en a rien été. » Selon ce revendeur, le carnet de commandes s'est bien rempli au Salon du nautisme. Le volume d'affaires est sensiblement le même qu'en 2007. « Excepté à l'export où le marché s'est effondré », tempère Yves L'Helgouac'h. Ce concessionnaire semble confiant. Pourtant, les nuages s'amoncellent du côté de la Vendée. En début de semaine, Bénéteau qui avait déjà pris des mesures de chômage partiel en janvier, a annoncé qu'il poursuivait durant la première quinzaine de février. Et ce, pour plus d'un millier de salariés.
- 30 à 40 % chez BénéteauHier, le groupe vendéen annonçait « prévoir une baisse de 30 à 40 % » de son chiffre d'affaires cette année. Suivie par une croissance à deux chiffres de son activité bateau en 2010. Une embellie qui serait soutenue par un vaste plan de nouveautés (21 renouvellements et 8 extensions de gammes). Bénéteau mise aussi beaucoup sur sa nouvelle activité construction d'habitat à ossature bois pour l'hôtellerie de plein air. La production débutera en septembre à raison de 600 modules par an. Pour l'instant la filière construction et réparation bretonne semble tenir le cap (*). « Dans la région, 600 entreprises travaillent dans ce secteur. Un marché de niches qui est beaucoup moins impacté », précise Jean-Jacques Le Norment de l'Agence économique de Bretagne. Ces chantiers, qui travaillent sur des petites séries de bateaux spécifiques ont du travail pour les mois à venir.
Un marché du moteur qui tousseReste à savoir quel sera l'impact de l'appel au crédit, de plus en plus difficile, dans les mois à venir. Sachant que la clientèle, dans sa majorité, est assez à l'aise financièrement. « Les plus vives inquiétudes concernent le marché du pêche promenade et des semi-rigides. La hausse du prix des carburants ces derniers mois a incité des clients potentiels à ne pas s'engager dans cette voie. Côté voiliers, 2009 devrait être viable. Au chantier Structures à Combrit, où sont fabriqués les célèbres Pogo, on reste enthousiaste. Le dernier-né des chantiers, le Pogo 10,50 m marche particulièrement bien. Une dizaine de commandes fermes ont été passées pour ce bateau qui a été élu voilier de l'année 2009. Dans ce chantier qui compte une cinquantaine de salariés, on s'apprête même à embaucher pour accompagner la montée en puissance de l'entreprise.
* On estime à 10.000 le nombre d'emplois générés par la filière.