Mag nautic, annonces bateaux

385 annonces bateaux sur magnautic.com

Accueil / Magazine / Actualités / 12 Décembre 2008 /

article publié le 12 Décembre 2008

Parcs à huîtres. Deux projets hérissent Saint-Pabu

200812124331355_1.jpg
Les Saint-Pabusiens pensaient en avoir fini avec les projets d'implantations ostréicoles. Mais voilà que les deux parcs d'il y a quatre ans refont surface.

Ces projets de parcs avaient déjà fait l'objet d'une spectaculaire levée de boucliers de la part des élus, d'une bonne partie des habitants et des associations de défense de l'environnement. Le préfet avait fini par rejeter la demande du professionnel. Mais le 18 septembre dernier, soit quatre années plus tard, le tribunal administratif de Rennes annulait cette décision et relançait l'ostréiculteur déjà implanté dans l'Aber Wrac'h. Pascal Charreteur, âgé de 45 ans, relance donc son projet de création aux mêmes endroits. Le premier parc, de 4,5 hectares, sur le banc de Kervigorn, à proximité de l'une des belles plages de la région, celle de Korn ar Gazel ; le deuxième de 1,4 hectare du côté de l'Aber-Benoît, au nord de Trouzilit. Vendredi soir, le conseil municipal a redit, aussi clairement qu'il l'avait fait il y a quatre ans, son opposition au projet, à l'unanimité moins une abstention. Les élus estiment qu'il y a suffisamment d'emplacements occupés par les cultures marines et qu'il est temps de préserver les sites naturels ainsi que l'activité touristique.

La pression monte
Samedi matin, de nombreuses personnes et différentes associations participaient à la réunion publique d'information organisée par la mairie de Saint-Pabu, salle Roz Avel. Gérard Auffret, président de l'association patrimoine et environnement, estime que ce projet, s'il était accepté, serait « économiquement négatif, écologiquement désastreux et socialement inéquitable, vu la levée de boucliers qu'il suscite ». La colère et la pression montent inexorablement dans la presqu'île de Saint-Pabu. « Il n'est pas question que l'on puisse toucher à ces sites emblématiques », entend-on à droite et à gauche. À Corn ar Gazel, faut-il rappeler l'existence du camping et de la base nautique estivale ? Comment concilier ces activités nautiques avec des tables métalliques posées sur le sable ? Quand au projet de l'Aber-Benoît, les détracteurs estiment que le parc réduira le passage des plaisanciers.

« J'irai au bout de mon projet »
De son côté, Pascal Charreteur explique que ces deux sites seraient l'occasion pour lui de diversifier son activité en cas de pollution accidentelle localisée. Il souhaite aussi « désintensifier » son exploitation dans l'Aber Wrach, afin d'améliorer la qualité de sa production. Il précise que son parc de 4,5 hectares n'est pas situé en face de la plage de Korn ar Gazel mais plutôt en contrebas de la falaise de Kervigorn. Et puis, ce parc couvre à peine 10 % des 50 hectares de la baie. « Quant au site de l'Aber Benoît, combien de bateaux remontent jusque-là ? », se demande le professionnel. « Je crains que mes projets dérangent les intérêts de quelques riverains qui vivent les pieds dans l'eau et qui ont le bras long ». De par son métier, l'ostréiculteur a le sentiment de soutenir l'économie et le tourisme du secteur. « J'irai au bout de mon projet, pas question d'y renoncer. J'attends sereinement la décision du préfet ».
Le Télégramme (photo Jean-Yves Tournelec)