Radar, sondeur vidéo, GPS, cartographie en 3D, le tout sur des écrans multifonctions: les appareils électroniques sont omniprésents sur le bateau de «monsieur tour le monde». Ce secteur ne manque pas d'innovations.Ah qu'il est loin le temps où, à bord des bateaux, on ne trouvait que le sextant, le compas et la règle Cras! Que ce soit pour taquiner le maquereau en baie de Morlaix ou pour régater dans les courreaux de Groix, aujourd'hui, il n'est pas un pêche-promenade, pas un semi-rigide, pas un petit voilier de croisière qui ne soit équipé au minimum d'un GPS et d'un sondeur électronique. Les puces ont envahi le bord. Au Nautic, les spécialistes de l'électronique embarquée rivalisent d'ingéniosité. L'offre y est tellement importante que le néophyte a vite fait de se perdre dans cette jungle informatique. A tel point que certaines marques ont eu la bonne idée de proposer des cours, ce qui évite de passer de longues heures à lire des notices indigestes, souvent incompréhensibles. Ainsi, sur le stand Furuno, chaque matin, un commercial offre une petite démonstration de vingt minutes. Le temps de présenter le Navnet 3D, la «Rolls-Royce» du secteur. Ce système numérique intègre capteurs et afficheurs multifonctions 3D interactifs. Dans cette machine légèrement plus grande qu'un ordinateur portable, vous trouvez un radar, une cartographie, un sondeur, un GPS, des données météos, du multimédia, l'AIS (NDLR, ce système permet d'identifier les navires lorsque la reconnaissance visuelle ou radar n'est plus possible la nuit ou par temps de brume). Tout cela se superpose sur un seul écran tactile en couleur.
Technologie militaireVous n'avez pas tout compris? Nous non plus mais sachez qu'en plus de la cartographie classique (NDLR, celle qui évite de sortir les immenses cartes papiers), y sont intégrées des images satellites en trois dimensions, troublantes de réalité. Ce bijou a un prix: 7.457euros. Avec de tels outils, impossible de s'échouer sur un banc de sable, de talonner sur une roche ou de rentrer bredouille de la partie de pêche. En effet, certains sondeurs vidéo, issus de la technologie militaire, sont équipés d'un filtre numérique qui supprime le bruit de la surface et facilite la détection en eau profonde, permettant ainsi de repérer les échos des poissons. «Un ticket pour les pêches miraculeuses», affirme la brochure de chez Humminbird avec le Combiné 1197cx (prix: 3.999euros) qui permet même de voir nettement les épaves posées sur le fond.
Prix abordablesFort heureusement, les produits d'entrée de gamme sont abordables. Chez Garmin, un sondeur portable coûte 147euros et un GPS se trouve à partir de 128euros chez Magellan. Voire à 80euros sur certains modèles de base. Ingénieur de métier, Jean-François Cuzon a suivi de près et avec intérêt cette (r) évolution technologique. Devenu coureur au large, le Brestois avoue qu'il aurait du mal à s'en passer à bord des machines de course. Surtout en solitaire. «Ce sont de précieux outils d'aide à la navigation. C'est de la sécurité en plus. Mais il faut savoir s'en détacher». Être capable de sortir la tête de ces «game-boy». D'observer le ciel, la mer. De faire preuve de bon sens marin tout simplement. Car, à terre comme en mer, vous le savez tous: l'informatique, quand ça tombe en panne...
«Ce sont de précieux outils d'aide à la navigation. C'est de la sécurité en plus. Mais il faut savoir s'en détacher.» Jean-François Cuzon coureur au large