Deux fois par jour, le centre de météo spatiale de Lannion (22) reçoit une carte de la température des eaux sur tout le globe. Une innovation utile pour les prévisions, mais aussi pour l'océanographie et la pêche.Plus de 28ºC dans le Golfe de Guinée. Mais seulement 4º dans les quarantièmes et cinquantièmes rugissants, où sont passés les navigateurs du Vendée Globe. Et par chez nous ? Environ 10º dans la Manche, près des côtes nord de la Bretagne. Devant son écran d'ordinateur, Sylvain Le Moal, ingénieur de Météo-France à Lannion, peut vous donner la température des mers et des océans, partout dans le monde. Il dispose pour cela d'une carte en haute résolution, qui répertorie la température de la surface de la mer, en tous les points du globe, enregistrée par le satellite Metop.
Deux cartes par jour en haute résolution« Nous mesurons depuis longtemps la température de la surface de la mer. La nouveauté, c'est que Metop fournit deux fois par jour une carte de la totalité du globe. Et en haute résolution : chaque pixel de la carte correspond à 1 km² », explique Sylvain Le Moal. Metop est un satellite européen défilant, lancé en 2006, qui tourne autour de la Terre, du pôle sud vers le pôle nord, à 840 km d'altitude. Ce qui permet des mesures bien plus précises que les plus anciens satellites géostationnaires, en orbite à 36.000 km de la Terre.
Le fichier devient carte en couleurMetop ne trempe bien sûr pas un thermomètre dans les eaux. « Il mesure un rayonnement électromagnétique dans l'infrarouge, ce qui nous renseigne sur la température ». Le centre de météorologie spatiale à Lannion reçoit des fichiers numériques qui sont transformés en cartes avec des zones de couleurs différentes. Seul inconvénient : ces relevés ne sont possibles que dans les zones où le ciel est dégagé. Car les nuages empêchent Metop de voir. « Mais sur une période d'une semaine ou dix jours, toutes les zones auront été vues au moins une fois. La température de surface de la mer ne varie pas beaucoup ».
Des applications nombreusesCes données ont d'abord un intérêt pour les météorologues. « La météo s'intéresse de plus en plus aux océans. La fabrication des cyclones, par exemple, est liée aux zones d'eau chaude ». Mais l'intérêt de cette carte mondiale va au-delà. Elle servira aussi aux océanographes, pour observer les courants, aux militaires pour cacher leurs sous-marins, ou aux pêcheurs, pour déterminer les zones de front thermique favorables à la présence du poisson.