Le dernier des bunkers de la base des sous-marins, le K3, accueillera, à partir du 1 e r janvier, les activités de maintenance de la flotte de l'association de loisirs sportifs UCPA. L'association installe à Lorient son centre national logistique. Une nouvelle destination pour le K3, dont les 23.000 m² sont loin d'être tous utilisés.
K3 : Un bunker pour les croisières
Le « petit » dernier des bunkers de la base des sous-marins, abritera, à partir du 1 er janvier, les ateliers de l'association de loisirs UCPA (*). En attendant, une restructuration plus réfléchie, les mètres carrés disponibles du mastodonte se remplissent petit à petit.Depuis dix jours, le bâtiment des Défis, à la base des sous-marins, accueille le centre national croisière de l'UCPA. Auparavant installée à Pauillac, la filière croisière de l'association de loisirs sportifs a choisi Lorient pour installer son centre logistique.
L'UCPA est une association qui accueille les moins de 40 ans pour les initier à près de 60 activités de plein air. Du ski, à l'équitation, en passant bien sûr par la voile. En 2008, l'UCPA a organisé 25.000 journées stagiaires voile dans ses différents sites français et étrangers.
Toutes les croisières organisées par l'UCPA en France et à l'étranger seront pilotées dorénavant de Lorient.
Un choix que le responsable du département croisière de l'UCPA justifie sans problème : « Nous cherchions un site pour implanter notre centre logistique national », explique-t-il. « Nous avions défini plusieurs critères qui nous ont fait retenir trois sites ; Lorient, Marseille et La Rochelle. Lorient s'est imposé pour sa situation géographique en Bretagne Sud, pour les conditions de navigation dans la rade et pour l'image et les compétences autour de la plaisance que l'on trouve ici ».
Le personnel administratif, composé de cinq personnes vient tout juste de prendre ses nouveaux quartiers à la base des défis où il déballe ses cartons. La partie maintenance s'installera, avec ses deux techniciens, à partir du 1 er janvier, dans le K3 tout proche.
La flotte UCPA entretenue dans le K3
La flotte des bateaux UCPA sera entretenue à partir de 500 m² d'ateliers loués à Cap l'Orient. L'association disposera également de la première alvéole pour y abriter ses voiliers.
« Nous avons aujourd'hui à Lorient, huit bateaux, des Bénéteau de 27 à 36 pieds », explique Thierry Rodrigues, responsable du département croisière à l'UCPA. « Nous possédons 35 bateaux répartis dans nos centres sur le littoral et louons pour nos activités environ 220 bateaux chaque année. Il est probable que les voiliers des autres centres de la façade Atlantique comme La Rochelle, viendront se faire entretenir à Lorient ».
Un centre de formation à Kerguelen
Parallèlement à la gestion des six sites de croisières français et des douze installés à l'étranger, l'UCPA installera à Lorient le centre de formation des bénévoles qui encadrent ses activités nautiques. Le centre d'hébergement sera installé à Larmor-Plage dans les anciens locaux du point passion plage de Kerguelen, qui seront entièrement rénovés. Le nouveau centre d'hébergement et de formation devrait être opérationnel au printemps.
(*) Union des centres sportifs de plein air.
Un bâtiment très peu utilisé
Le K3 est un gruyère. Le dernier né des trois bunkers construits par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale est aussi le dernier à être retombé dans le giron civil. La Marine nationale a déserté les lieux en 1997, mais c'est seulement depuis le 1 er janvier 2007, que le bloc de béton de 23.000 m² et son plan d'eau sont devenus propriété de la Région, en tant que port d'intérêt régional. Cap l'Orient en a la concession dans le cadre de la compétence plaisance. Voilà pour le cadre juridique.
La communauté d'agglomération se retrouve donc avec ce mastodonte, auquel il convient de donner une fonction. Ses petits frères du K1 et K2 abritent des entreprises.
Que faire du K3 ?
Depuis le 1 er janvier 2007 et afin de prendre la mesure de l'engin, les services de Cap l'Orient procèdent à un relevé métrique du labyrinthe. Sept alvéoles en eau, des kilomètres de couloirs, dont les fameux chargés d'évacuer le souffle des bombes vers l'extérieur, un toit de sept mètres d'épaisseur. Un état des lieux qui aidera les élus à prendre une décision sur la restructuration, compliquée par la présence de l'eau dans les alvéoles. Un premier axe est déjà trouvé. Le K3 sera le témoin de l'histoire du site de la base des sous-marins. Une de ses premières destinations est le parcours patrimonial organisé par l'office de tourisme. Le K3 se visite toute l'année.
Actuellement l'utilisation de l'espace est quasi marginale. Petit à petit, Cap l'Orient autorise de nouvelles implantations, ou prolonge d'anciennes fidélités.
Survie en mer
C'est le cas avec le Centre d'Études et de Pratique de la Survie, qui occupe 2.800 m² du bâtiment. Cette association forme des navigateurs à la survie en mer et est devenue une référence en la matière. Elle était déjà présente dans les lieux du temps de la Marine nationale.
Pégasus
Pour rester dans le volet formation, Pégasus, une entreprise créée par d'anciens commandos de Marine chargée de former des cadres de grandes entreprises, selon les méthodes d'entraînement psychologiques des fusiliers marins, vient d'être autorisée à s'installer dans les lieux. 500 m² high tech sont en cours d'aménagement au premier étage du bâtiment.
Sapeurs-pompiers
Les sapeurs-pompiers de Lorient, et la capitainerie de la Base des sous-marins y entreposent du matériel. Enfin, petit dernier de la liste des utilisateurs du K3, l'UCPA qui utilisera dès le 1 er janvier la première alvéole du K3, ainsi que 500 m² d'ateliers.
La restructuration du K3 sera plus longue que les autres, certainement car, quelle que soit sa destination, les coûts engagés seront à l'échelle du bâtiment.
La caverne d'Ali Baba des anciens sous-mariniers
La caverne d'Ali Baba ! Le rêve éveillé de tout sous-marinier qui se respecte. Un bric-à-brac de pièces de toutes sortes qui balaient 50 ans de présence de la Marine nationale à la base des sous-marins de Lorient.Le Mesmat, ou Musée de l'Escadrille des Sous-Marins de l'Atlantique est un des locataires du K3. Les anciens sous-mariniers constitués en association disposent de 500 m², au rez-de-chaussée, au bout d'une des alvéoles. Ils y ont entassé tout ce qu'ils ont pu récupérer comme objets provenant de sous-marins. « Nous avons créé notre association dès le départ de la marine en 1995, dans l'idée de créer nous-même notre musée », explique son président Michel Scarpellini. « Nous avons déménagé plusieurs fois, au gré des restructurations de la base des sous-marins et nous occupons ce local depuis quatre ans ».
Dans les locaux vieillots qui fleurent bon les années 60, vous trouver des torpilles, des accus de sous-marins, des bidons allemands, des moteurs électriques avec la plaque de fabrication astiquée pour qu'on puisse identifier l'endroit où la pièce a été réalisée, des hélices de 2 tonnes, des tables traçantes, des appareils d'écoute, des sonars, des gyrocompas, une tête de schnorchel (1), une partie de la centrale d'énergie de la base des sous-marins, des compresseurs d'air, un canon de U boot, un tube lance-torpilles, des antennes radar, des toilettes de sous-marins - en bronze s'il vous plaît - des bouées de signalisation..... Le Mesmat dispose même d'un moteur de U Boot de 20 tonnes et 2.000 chevaux, qui, vu sa taille, est stocké dans des anciens locaux de l'arsenal.
Supermarché du sous-marinier nostalgique
Le supermarché idéal du sous-marinier nostalgique. Tous les mardis matin, entre gâteau au chocolat et petit coup de Muscadet, ils sont une dizaine à se donner rendez-vous dans les entrailles du K3, pour astiquer, revisser, rafistoler, entretenir toutes les pièces mécaniques qui leur ont été confiées depuis quinze ans.
Hier mardi, il fallait faire de la place pour remettre en état le long tube du lance-torpilles. Et déplacer une hélice de deux tonnes. Les biceps d'une douzaine d'ex-sous-mariniers et un palan y sont parvenus sans problème.
« Nous tenons toutes ces pièces à la disposition de Cap l'Orient, pour l'ouverture du musée du sous-marin qui devrait ouvrir ses portes en 2010 », explique Michel Scarpellini. « Nous avons récupéré toutes ces pièces, auprès de la Marine nationale ou de DCNS. Ça n'a pas toujours été simple, administrativement. Mais maintenant nous sommes propriétaires du stock depuis 2005 ».
Le Mesmat fait partie du comité de pilotage qui réfléchit au contenu du futur musée. Dès que celui-ci sera ouvert, les entrepôts du K3 devraient être relocalisés à proximité. Le Mesmat se débarrassera alors de tout ce qui n'aura pas de place au musée.
(1) Appareil qui permettait aux sous-marins de renouveler l'air sans faire surface.