Le tour du monde en 201 jours, c'est l'aventure en solitaire de Jacques Riguidel sur son bateau de 9,73 m. Ce professeur de judo est arrivé hier à Quiberon.Sur le ponton J de la marina de Port-Haliguen à Quiberon, Jacques Riguidel, visage fatigué et égratigné, partage déjà ses impressions avec sa famille et quelques curieux. Attendu hier vers 10 h, le marin « tourdumondiste » originaire de la presqu'île a finalement accosté, à la voile, à 1 h 30.
« Le vent était au rendez-vous. Je ne pouvais plus me freiner », avoue-t-il. L'envie irrépressible de retrouver ses proches affleure dans ses propos. Jacques Riguidel a passé 201 jours en mer et a pu très difficilement communiquer avec eux. « J'avais un appareil censé fonctionner partout dans le monde. Mais beaucoup de zones n'étaient pas couvertes et je ne le savais pas ! ».
Pas de nouvelles pendant un mois
Sa compagne et ses trois filles sont restées dans le doute pendant plusieurs semaines. « Il est parti en sachant qu'il gardait un lien pour partager son expérience. Ce fut très difficile pour lui et pour nous. Nous avons eu une coupure d'un mois entre le Cap de Bonne Espérance et l'Australie. Heureusement, la balise indiquait les positions du bateau qui avançait... », se souvient sa compagne.
Mais Jacques Riguidel a tenu bon et réalisé son vieux rêve d'adolescent. Un rêve mué en projet de vie, puisque son employeur le licencie à la fin de son année sabbatique, en 2006. Pendant ce congé, sa première tentative de tour du monde tourne court alors qu'il tombe à l'eau. Le marin se remet en question. « J'avais préparé le bateau en seulement neuf mois. J'ai revu la sécurité et les voiles », souligne-t-il. Dos au mur, Jacques Riguidel vend son appartement pour financer son projet, faute de de sponsors, et repart le 9 septembre 2007.
Son bateau « Fréquence Jazz » de 9,73 m n'était pas taillé pour ce genre d'aventure. Prévu sans escale, le périple doit toutefois s'interrompre à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, pour réparer son gouvernail.
L'énergie solaire à bord
« Je suis heureux d'avoir fait un tour du monde en solitaire avec un bateau hypersimple et sans équipement », sourit-il. Sa fierté émane surtout de sa démarche écologique à bord.
Les panneaux solaires installés sur le roof et à l'arrière du bateau ont alimenté les batteries et un dessalinisateur. Celui-ci lui a permis de réduire de près de moitié le poids de ses vivres en eau et de gagner ainsi en vitesse. Professeur de judo, le skipper a égrené au fil de l'eau sa philosophie de « travailler sur le minimum d'énergie pour le maximum d'efficacité ».