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article publié le 19 Mai 2008

Fête du nautisme : Atypique Moulin-Mer

Loin des clubs à fabriquer des champions, niché dans son écrin de verdure au fond de la rade de Brest, le centre de Moulin-Mer, à Logonna, participait aussi, ce week-end, à la fête nationale du nautisme.

Le souffle de la « compet », son esprit et ses objectifs, ne s'engouffre jamais dans la paisible rivière de L'Hôpital-Camfrout. À la manière des classes de neige, la première classe de mer y voyait le jour en 1967. Quarante ans plus tard, le centre nautique de Moulin-Mer a gardé l'esprit de ses débuts : plutôt une école du milieu marin qu'un stade d'entraînement intensif !

Un centre où l'on se pose

L'endroit tire avant tout sa spécificité d'une grande polyvalence en matière d'accueil des jeunes et des adultes, valides ou handicapés. Classes de mer, classes de découverte, séminaires, séjours-vacances, sorties et cours de voile, etc. Moulin-Mer n'a rien du centre nautique standardisé d'aujourd'hui. On y trouve au même endroit un restaurant collectif couplé à une impressionnante capacité d'hébergement (138 lits) avec vue sur mer à chaque niveau. Logé sur place, il n'y a qu'à faire deux pas pour rejoindre la cale ou les bateaux au mouillage. Transport et logistique minimum pour les groupes qui viennent déjà de très loin à la mer.

« Pas seulement pour la voile »

Petits Parisiens et surtout montagnards de l'autre bout de la France y croisent pour la première fois focs, safrans et curieux bouts dehors.

« On vient ici pour la voile bien sûr mais pas seulement » explique avec enthousiasme le troisième directeur depuis la reprise du site, en 2004, par l'association Don Bosco. Depuis la reprise en main du centre, Alban Baudouard (37 ans) constate avec satisfaction une augmentation régulière du niveau d'activité, même s'il estime que le site peut encore optimiser de 20 % son incroyable potentiel.

Ici, pas de cale surchauffée, pas de forêt de gréements qui s'entrechoquent aux heures de pointe... À peine le bruissement du courant contre les bateaux au mouillage. Le battement des ailes de cormorans qui prennent leur envol...

Au rythme des courants et des effets de cote, on y apprend la planche à voile (Exocet Cruiser), le dériveur (Optimist) et le catamaran (New Cat 12, KL 13,5 et Dart 16 pour les plus aguerris). On navigue aussi à plusieurs à bord d'un Fillao (une goélette moderne de 8 m). On peut même se faire la corne des mains à bord de la fameuse Bergère-de-Domrémy (An test), le redoutable coquillier de la rade de Brest.

Balades nautiques

Acquise en 2006, une barge motorisée permet d'embarquer jusqu'à 30 personnes pour des balades inoubliables au fond des rias les plus secrètes (20 cm de tirant d'eau !).

Pendant que les amoureux de balades en kayak remontent les bras de mer qui dessinent, au gré des courants, leur fine dentelle à l'ombre des pins maritimes. Exploration des rivières de Daoulas, de l'Hôpital ou du Faou avec la marée, un des sommets restant la remontée de l'Aulne jusqu'à Trégarvan, en longeant les vierges collines boisées et escarpées de Landévennec.

Gommer les différences, cultiver sa différence

« Rendre la voile accessible à tous ! ». L'adage du Moulin-Mer des débuts a pris tout son sens lorsque l'association Don Bosco s'est positionnée dans la reprise du site.

Les personnes en situation de handicap peuvent évoluer à leur guise à Moulin-Mer, tout en disposant d'embarcations parfaitement adaptées. Les chambres et locaux collectifs sont spécialement aménagés, jusqu'au matériel nautique qui ne cesse de subir des améliorations pour le confort et l'autonomie sur l'eau.

Le centre de Logonna ne s'illustre pas seulement sur ce terrain, puisqu'il s'inspire également des principes - très à la mode - de développement durable. Les nouveaux locaux ont été pensés dans cet esprit. Pas le choix aussi près du rivage !

Montrer l'exemple

« Le système de chauffage (cuve à gaz) sera progressivement modifié », précise le directeur qui assure qu'aucun désherbant n'est pulvérisé sur les talus et à travers les trois hectares du site ; l'entretien étant réalisé exclusivement à la main ou à l'aide d'appareils thermiques.

Idem sur les coques de bateau qui ne reçoivent pas d'antifouling, ces peintures antisalissure connues pour leur nocivité. « Comme pour les mauvaises herbes, nous utilisons de l'huile de coude pour gratter et débarrasser tout ce qui peut venir se coller sous les bateaux ».

Autre particularité, le centre dispose de 20 vélos tout terrain neufs à disposition de ses résidants, histoire de faire tourner les jambes plutôt que son moteur. On est exemplaire ou on ne l'est pas...
Stéphane Jézéquel - Le Télégramme