L'éolien marin peine à prendre son essor en France où les projet les plus avancés ne devraient pas voir le jour avant 2011, voire 2012. En Europe du nord, une trentaine de parcs existent déjà.Les rencontres internationales qui se sont tenues mardi et hier auHavre, à l'initiative du Syndicat des énergies renouvelables (SER), s'achèvent sur un constat: la France est en retard en matière d'éolien marin. Pourtant, avec 3.500km de côtes, elle dispose d'un potentiel considérable. Le seul projet aujourd'hui autorisé est celui de l'Allemand Enertrag, au large de Veulettes (Seine-Maritime), mais il est paralysé en raison de recours de riverains devant le tribunal administratif. De petite taille avec ses 105 mégawatts (MW) de puissance, il ne devrait voir le jour au mieux qu'en 2011 voire 2012, dix ans après les premières études. Derrière, beaucoup d'autres projets sont en cours d'instruction ou simplement annoncés par les industriels. Le SER estime qu'ils représentent un potentiel de 10.000MW de puissance installée.
Pas de cartographieMais tous ces projets peinent à émerger, faute d'une cartographie délimitant les zones réservées à l'éolien marin. «On manque de visibilité en l'absence d'une planification spatiale», regrette Philippe Gouverneur, président de la commission des énergies marines au SER. Cette cartographie, qui nécessite la consultation de tous les usagers de la mer (pêcheurs, plaisanciers, administrations des ports, exploitants de granulats, défenseurs de l'environnement...) devait être réalisée en septembre. Or, elle ne devrait être connue qu'à la fin mars2010.
«Tarifs pas assez attractifs»L'éolien marin français est aussi pénalisé, selon les industriels, par la complexité des procédures administratives et par le prix de rachat par EDF de l'électricité produite. Ils demandent que le tarif, fixé à 13 centimes le kilowatt, (contre 5 centimes sur le marché de gros de l'électricité) soit porté à 16 ou 18 centimes pour le rendre vraiment «attractif». Certains industriels estiment que la France se prive ainsi d'une source de développement de l'emploi sur son littoral et d'une véritable filière industrielle éolienne. Pourtant, les projets ne manquent pas, y compris en Bretagne. Ainsi, la jeune société Nass et Wind implantée à Ploemeur (56) veut construire un parc de 300 à 400MW au large du Croisic (44). Dans la baie de Saint-Brieuc, c'est une installation de 240MW qui est également à l'étude par la même entreprise. Ce secteur est également convoité par Powéo qui travaille sur un parc de 150MW. C'est encore très loin de l'objectif de 6.000MW prévu pour 2020...