En quelques mots bien pesés, Michel Desjoyeaux a refait le monde. Le sien, émaillé de quelques maux et de bonheurs intenses. Moteur...PREMIÈRES IMPRESSIONS.« C'est un grand moment de soulagement. Là, comme ça, je ne sais pas quoi vous dire. Demain matin, quand je vais me lever, peut-être que j'aurai une réponse à vous donner car c'est tellement énorme tout ça. Ce Vendée Globe, c'est celui-là que j'avais envie de gagner, c'est celui-là que j'avais envie de faire ».
PRÉPARATION.« J'ai toujours dit que 80 % du résultat se fait avant le départ. Et puis les 20 % qui restent sont gagnés tous les jours, en remettant du charbon. J'ai remporté ce Vendée Globe avant le départ, dans les choix, dans l'équipe, dans l'expérience accumulée ».
SOUCIS.« La course dure à peu près trois mois et, tous les jours, il nous arrive des merdes. Des petites, des moyennes, des grosses. Le but du jeu, c'est de ne pas te laisser faire. Forcément, si t'arrives à te sortir de ces mauvais pas et de tous ces petits avatars, tu peux continuer à t'exprimer. Paradoxalement, tous les problèmes que j'ai eus, il n'y en a aucun que j'attribue à un excès de régime, à une manette des gaz poussée trop loin. J'ai fait des figures libres, des départs au lof, à me retrouver en pleine nuit avec le bateau à moitié couché ».
FRANC-PARLER.« Trop souvent, on me reproche d'être trop modeste. Je suis passé de l'autre côté de la barrière. J'ai le courage de mes opinions et je dis ce que je pense. Les faits sont les faits, personne ne peut les nier. J'ai mon franc-parler que ça plaise ou non. Ce n'est pas très grave, mais au moins, j'avance ».
80 JOURS ?« On sait que le Vendée Globe est dur et c'est un peu normal qu'on ne soit pas si nombreux à l'arrivée. Le monde n'a pas rétréci, mais on peut faire le tour du monde en moins de 80 jours puisqu'il était déjà possible de descendre la barre dès cette année s'il n'y avait pas eu autant de glaces ! Jules Verne n'a qu'à bien se tenir ! Les 80 jours, on va passer en dessous ».
SÉRÉNITÉ.« Entre 2001 et celui-ci, je n'ai pas perdu mon temps. J'ai fait pas mal de multicoque et les deux bateaux de tête, que ce soit moi ou Bilou (ndlr : Roland Jourdain), on est deux skippers qui ont beaucoup pratiqué la course au large, sur des bateaux "casse-gueule" comme les multicoques. Ça permet d'apprendre à garder une certaine sérénité ».
LE FACTEUR CHANCE.« Quelqu'un a dit : quand la chance se répète, ça s'appelle du talent. Mais cette définition n'est pas de moi ! »
PASSION.« Je fais ça parce que je m'amuse, parce que ça me plaît. C'est ma passion. Je ne sais pas faire grand-chose d'autre. Être une légende, être au Panthéon, ça ne m'intéresse pas. Les légendes, ce sont des gens qui ne sont plus là. Moi, je suis encore là et je ne suis pas près de prendre ma retraite ».
LES AUTRES.« Roland (ndlr : Jourdain), je croyais qu'il avait abandonné et qu'il avait jeté l'éponge, mais c'est incroyable, je ne sais pas si je serai capable de faire ce qu'il est en train de faire. J'espère qu'il aura assez à manger. Soyez aussi nombreux pour les autres, ils le méritent ». a assez à manger. Soyez aussi nombreux pour les autres, ils le méritent ».