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article publié le 2 Février 2009

Avec les compliments de Le Cam




Comme Vincent Riou, Jean Le Cam, miraculé du Pacifique, était sur l'eau pour saluer l'arrivée de Michel Desjoyeaux.

« Bonjour à tous, vous n'allez pas tarder à voir "Foncia". On aperçoit sa voile orange ».
A bord de la vedette La Maline, c'est Jean Le Cam qui s'adresse aux
invités de VM Matériaux, son partenaire. Il est un peu plus de 16 h et
un soleil timide perce la grisaille dans la baie des Sables.

« Même les nuages s'effacent devant lui »
« Même les nuages s'effacent devant lui. C'est le scénario rêvé ». Lorsque l'on rejoint le monocoque blanc immaculé, il est impassible et écrase une petite larme.
L'émotion ? « Non, c'est le froid et le vent dans les yeux », répond-il à un confrère de France 3. Le moment est intense, forcément un peu difficile à vivre. «
J'aurais préféré être encore sur l'eau même derrière Mich'. Mais il
faut savoir vivre les moments même s'ils ne sont pas comme on les avait
imaginés »
. Et il savoure le bonheur d'être de la fête, même en spectateur.
On lui demande ce que peut ressentir le vainqueur qui approche de la ligne d'arrivée. «
C'est forcément un grand moment. Il boucle un tour du monde, en
vainqueur pour la seconde fois. C'est un moment magique. Il a tourné en
84 jours, il a fait une super course »
.

« Il gagne
tout ce à quoi il touche »

16 h 11' : « Foncia » vient de couper la ligne. « C'est la fin du stress car jusqu'à la fin, tout peut arriver dans le Vendée. Il y a un avant et après la ligne ».
Cette année, Le Cam, second il y a quatre ans derrière Vincent Riou, ne
connaîtra pas ce bonheur de couper la ligne et de remonter le chenal
avec son coursier rose. C'est le jour de gloire de Michel Desjoyeaux. «
C'est un très beau vainqueur. Il gagne tout ce à quoi il touche. Cela
devient agaçant (rires). Il va falloir qu'on fasse des progrès »
.
Les souvenirs de son chavirage avant le Horn sont gravés à jamais dans
sa caboche de Breton têtu. Mais il pense déjà au futur, forcément sur
l'eau.
Michel Desjoyeaux a entamé sa remontée triomphale du chenal de Port
Olona sous les ovations. La Maline ferme le cortège. Le formidable
public sablais aperçoit Le Cam et l'ovationne à son tour : « Bravo Jean ! A dans quatre ans ! »
Il salue presque gêné. « Je n'ai rien fait », dit-il mais cela lui fait chaud au coeur en ce dimanche glacial de février. Tout à l'heure, il ira tout simplement saluer le premier de ce Vendée : « Je lui dirai simplement "Bravo Mich'" et j'espère qu'il paiera sa tournée ».
Du Le Cam pur jus.

Gilbert Dréan et Philippe Elies