C'est le temps des vaches maigres pour la sous-traitance brestoise de DCNS : 60 personnes y travaillent actuellement contre un millier il y a deux ans.L'histoire a été plus faste : 2.000 salariés en sous-traitance dans les années 1990, lorsque la construction du porte-avions Charles-de-Gaulle battait son plein. Cette charge a même compensé, à un moment, une économie générale qui n'était pas en forme. La fin de ce chantier - la construction de deux plates-formes pétrolières fournira un ballon d'oxygène momentané -, et le reformatage des armées entraînent un décrochage à la fin des années 1990. Vingt-trois entreprises, peu capitalisées et fragiles car travaillant surtout pour DCNS, disparaissent. « Le choc est rude mais l'économie, qui se porte alors bien, permet de l'amortir relativement », observe René Talarmin, secrétaire général de la Chambre patronale de la métallurgie du Finistère.
La fin des BPC
La sous-traitance reprend du poil de la bête à partir des années 2000, avec la construction des deux BPC (bâtiments de projection et de commandement) et des marchés sur les sous-marins. L'environnement s'est modifié : à côté d'entreprises locales, on voit se positionner des groupes, qui ont une tradition de chantiers, sur une durée. Le niveau de sous-traitance est, au demeurant, aujourd'hui retombé. « Pour la première fois, deux événements défavorables se conjuguent : le point bas dans la sous-traitance et une conjoncture économique qui malheureusement se dégrade », observe René Talarmin.
Moins de visibilité
Au fil des ans, DCNS-Brest a réduit la toile. Elle emploie actuellement 2.700 personnes et devra trouver du travail pour les 200 à 300 actuellement à Cherbourg et Toulon et dont les missions vont se terminer. Pour l'heure, la sous-traitance ne sait pas ce qu'elle peut attendre, à partir de 2010, de la transformation des sous-marins pour accueillir les missiles M 51, qui va apporter, sur trois fois 30 mois, une certaine charge à DCNS-Brest.
« 2009 plus difficile »
« 2009 sera plus difficile que les deux dernières années », estime pour sa part Bernard Corvaisier, le président de Navtis, à Brest. Fin 2005, au moment de sa reprise, cette société employait 245 personnes et travaillait à 80 à 90 % pour DCNS. Aujourd'hui, c'est le cas pour 60 personnes sur 190 à contrats à durée indéterminée. Elle s'est diversifiée, en particulier, dans l'environnement et l'énergie. « L'élargissement du portefeuille de clients était un gage de survie », estime Bernard Corvaisier. Contrepartie : aller chercher les marchés parfois loin, jusqu'aux Antilles, une mise en concurrence régulière et une visibilité moindre. « Nous ne sommes plus sur des contrats longs », constate le président de Navtis.