Le salon nautique s'ouvre aujourd'hui à Paris. Après plus de dix ans de croissance, le marché de la plaisance n'échappe pas à la morosité ambiante. En Bretagne pourtant, le bilan est plus mitigé.« De longs cycles de croissance ponctués de périodes en creux ». C'est ainsi que les professionnels ont coutume de résumer le marché de la plaisance. Le bilan 2008 ne déroge pas à la règle et confirme la tendance déjà pressentie cet automne : le marché de la plaisance souffre. Selon la Fédération des industries nautiques (FIN), l'ensemble de la filière a dégagé un chiffre d'affaires de 4,96 milliards d'euros en 2007, en hausse de 6,6 %. Une croissance soutenue par les bons résultats des marques françaises à l'export qui pèse à lui seul 66 % des ventes.
Des chiffres en trompe-l'oeil
En production de bateaux, cela correspond à 53.805 unités sur les 93.232 produites en France en 2007. Ce qui signifie que le marché national en a absorbé 39.427. Un chiffre difficile à rapprocher des 23.434 immatriculations (-7,7 %) recensées par les Affaires maritimes qui établissent leurs statistiques du 1 e r septembre au 31 août. Mais qui laisse aussi supposer l'importance des stocks dans les chantiers... Comment se comporte la Bretagne dans ce contexte morose ? Selon la FIN, 6.078 bateaux y ont été immatriculés au 31 août 2008, ce qui confirme le leadership de la Bretagne : elle pèse 25,9 % des immatriculations en France. Cela ne cache pas pour autant un recul de 5,2 %, surtout marqué par le décrochage des bateaux à moteur (- 7,2 %) qui pèsent à eux seuls 74 % du marché du bateau neuf en Bretagne (*) . Les soubresauts du baril de pétrole et l'été pourri sont passés par là. L'éclaircie vient du marché du voilier (+ 0,7 %), moins sensible aux aléas, grâce à une clientèle de passionnés.
« Coup de frein en mai »
Distributeur Bénéteau à Bénodet, Port-La Forêt (29) et Lorient, Yves L'Helgoualc'h reconnaît avoir vendu 40 % de bateaux à moteur en moins cette année. « On a constaté un coup de frein sur les ventes dès le mois de mai, alors que l'année avait plutôt bien démarré ». Première à en faire les frais, la série 6.50 de la gamme Antarès. Il n'en a vendu que cinq contre 26 l'an dernier. Par contre, il a réussi à vendre deux vedettes Monte Carlo. Des unités haut de gamme dont les tarifs s'étalent de 83.000 à 239.000 euros au catalogue 2008.
Les voiliers résistent
Plus significatif à ses yeux, le marché du voilier habitable lui a permis au final de réaliser le même score de ventes que l'an dernier. Sur les 150 unités vendues dans son réseau, 70 étaient des voiliers de croisière, dont une majorité d'Oceanis 34 et 37. Prix de départ chantier : de 90.700 à 113.500 euros. Chez Rouxel Marine, le constat diffère peu. « On se maintient sur les petites unités, mais on souffre sur les bateaux à moteur de plus de 35.000 euros », résume Philippe Rouxel, gérant du réseau éponyme implanté à Etables-sur-mer, Saint-Cast-le-Guildo (22) et Saint-Malo (35). Sur les trois chantiers, ce sont pourtant près de 240 bateaux qui ont été vendus cette année pour un chiffre d'affaires oscillant entre 10 et 11 millions d'euros. « On est dans les chiffres, sans plus », tempère le gérant qui reconnaît que les quotas de ventes fixés par les marques visaient la stabilité par rapport à 2007. D'après lui, le pari sera plus difficile à réaliser en 2009. Alors, comment y parvenir ? En occupant un large spectre du marché, du pneumatique à la vedette, en passant par les pêches-promenades et les voiliers habitables.
(*) A l'exclusion des kayaks, des constructions amateurs et des autres navires en provenance de l'Union européenne. Jean-Michel Signor
1.400 bateaux sous les yeux de 260.000 visiteurs
Rebaptisé Nautic, le Salon nautique de Paris s'agrandit encore cette année. Comme un pied de né à la morosité ambiante.Plus grand.Premier rendez-vous annuel de la plaisance, le Nautic réunit à nouveau cette année près d'un millier d'exposants pour 1.400 bateaux ou embarcations, de l'annexe au voilier de 18 mètres. Des chantiers, accastilleurs... installés sur les 170.000 m² des six halls de la Porte de Versailles. Cette année, le salon pousse les murs, récupérant un hall habituellement réservé au salon du cheval désormais dédié au motonautisme. 12.000 m² supplémentaires, soit une superficie totale équivalente à 25 terrains de football.
Visiteurs.Comme l'an passé, quelque 260.000 visiteurs sont attendus à la Porte de Versailles. Un public composé pour l'essentiel de passionnés (75 % sont des amateurs de loisirs nautiques). Profil du visiteur : un homme de 40 ans plutôt sportif. Le Nautic attire autant de provinciaux que de Parisiens.
Nautic coaches.Comment financer l'acquisition de son bateau, rechercher une place de port où s'inscrire dans une école de voile. Le Nautic entend répondre à toutes les questions de ses visiteurs. Il les invite dans son nouvel espace d'information où des conseillers pourront les orienter.
Le Spot.L'espace dédié à la glisse aura son spot. Tout au long du salon, initiations et compétitions se dérouleront sur un simulateur de vague. Chaque jour à partir de 16 h 30, une compétition se déroulera sous le regard d'un véritable jury. Super finale le dimanche 14 pour désigner le vainqueur de l'épreuve de surf indoor.
Vendée globe.Impossible de passer à côté de la course du moment. Le Vendée Globe sera bel et bien présent dans les allées du hall principal du Nautic. Au programme : vacations quotidiennes avec les solitaires du tour du monde à la voile, sans assistance et sans escale. Sans oublier la Volvo Ocean Race et la tentative de record de tour de monde de Thomas Coville.
Jean Le Borgne