Le dossier Fremm (Frégates multimissions) était encore une fois à l'ordre du jour du comité d'entreprise de DCNS (*) qui s'est tenu hier. Alors que la première frégate est en cours de construction, il subsiste quelques incertitudes quant au montage industriel pour la suite de série.
Six ans, c'est à peu près le temps qu'il aura fallu pour que le dossier Franco-italien Fremm (Frégates multimissions) devienne réalité. Entre l'annonce faite par le gouvernement français de lancer un projet de construction de 17 frégates et l'usinage de la première, six bonnes années se sont écoulées. Entre-temps, l'État a passé commande ferme à DCNS pour huit frégates, les neuf autres étant en option. Aujourd'hui, la première Fremm, l'Aquitaine, prend forme à Lorient. Elle devrait être mise à flot en 2009, pour une livraison à la Marine nationale en août 2011. Pour les numéros 2 et 3, il est acquis que Lorient construira les parties arrière. L'avant sera réalisé à Brest et Cherbourg, l'assemblage à Lorient. La Fremm 2 doit être livrée en juin 2012 et la suivante en janvier 2013.
L'Arabie Saoudite et la Grèce
C'est pour la suite de la série que ça se complique. Qui fera les suivantes ? Et à quel rythme ? Salariés et syndicats s'interrogent. D'autant que, dernièrement, l'Etat a décroché une commande d'une Fremm pour le Maroc. De l'avis même du ministre de la Défense, Hervé Morin, ces frégates séduisent à l'étranger. À tel point que l'Arabie Saoudite serait tentée par une série de trois ou quatre. La Grèce lorgnerait également sur les Fremm et se verrait bien passer commande pour cinq ou six unités. Reste à savoir comment ces commandes, même éventuelles, pourraient se glisser dans le calendrier de DCNS. Viendraient-elles s'intercaler dans le programme français ? Pourquoi pas, d'autant que le ministère de la Défense, qui cherche à faire des économies, pourrait être enclin à lisser dans le temps sa commande des huit Fremm. Et pour DCNS, qu'il s'agisse de fabriquer pour la France ou pour l'étranger, peu importe, l'essentiel étant d'avoir une charge suffisante de travail.
La sous-traitance opérationnelle ?
Une réelle opportunité pour le site lorientais, tête de pont dans ce programme, qui pourrait également se voir confier la construction d'une corvette Gowind que le groupe DCNS cherche à vendre à la Bulgarie. Mais faut-il encore que la sous-traitance puisse répondre présent. Car, de retard en incertitudes, elle a sérieusement manqué de lisibilité et subit le creux de charge qui touche DCNS Lorient. Aujourd'hui, la question est de savoir si elle a les moyens humains pour répondre à une montée en puissance à venir de l'activité ?
(*) Entreprise privée de construction et réparation navale high-tech.
Recrutements en vue
Pour la CFDT, la direction de DCNS s’est montrée « prudente mais confiante », hier, à l’occasion du comité d’entreprise. « Le directeur a insisté pour rappeler que les huit Fremm seraient bien faites à Lorient ». Comprenez qu’elles seraient bien assemblées à Lorient, même si certaines parties seront réalisées ailleurs.
Quant à la politique industrielle, le syndicat constate qu’elle n’est pas encore bien définie. « On devrait y voir plus clair courant janvier ». Une attente relayée par la CGT qui relève que la direction a fait part « d’un retard de mise à flot ». De son côté, l’Unsa note qu’il n’y a rien de neuf concernant la Fremm pour le Maroc et « que c’est encore assez nébuleux quant à la corvette Gowind. Il faudra attendre fin 2008 début 2009 pour en savoir plus ».
En revanche, le syndicat se réjouit que la direction ait confirmé qu’elle allait recruter « d’ici la fin de l’année, des ouvriers dans le secteur de production ». Et d’ajouter « concernant la sous-traitance, nous nous attendions à ce qu’elle souffre plus que cela. Elle a certes enregistré une baisse mais moins importante que prévue (1.100 salariés en 2006 contre 750 cette année) ».