Hier matin, le chalutier Mab an Tarz a été remis à l'eau au Guilvinec après deux mois de rénovation et de modernisation. Une foule importante assistait à cet exercice spectaculaire et émouvant.
Quoi de plus beau que d'assister à la mise à l'eau d'un bateau, même s'il ne s'agit pas d'un baptême... Ceux-ci sont devenus rarissimes depuis l'arrêt des subventions européennes. Hier matin, personne n'a protesté au bouclage de l'avenue de Thézac, artère du port du Guilvinec.
Haute voltige...
Il y avait du spectacle aux abords du chantier naval de Jacques Hénaff dont était sorti en mai 1989 le jeune Mab an Tarz. Une chalutée d'estivants et de locaux a assisté, médusée, au ballet de la grue de 250 t du Gai Matelot qui rendait à son élément naturel ce joli chalutier en bois, au terme d'une cure de jouvence. Pas souvent que l'on peut admirer les dessous d'un tel navire. 16 m de belles lignes inspectées, rajeunies et modernisées au chantier, en collaboration avec la forge Biger et l'entreprise de peinture marine Mao.
Contre-la-montre
Le planning à respecter était serré car « un bateau qui ne travaille pas ne nourrit pas ses marins ». « Mab » est entré en chantier le 16 mai dernier, surveillé de près par son patron Yves Le Cloarec de Larvor en Loctudy. Un patron qui montre qu'en investissant dans de tels travaux, il croît encore, à 40 ans, en l'avenir de sa profession. Pendant le temps du chantier, les quatre marins de l'équipage ont embarqué sur d'autres navires de la flottille bigoudène.
L'équipage heureux
Hier matin, Mab an Tarz a flirté avec un lampadaire, sans toutefois le tutoyer, avant de regagner sans encombre son milieu naturel. « On est content de le revoir à l'eau », témoignait hier matin, l'équipage. Le chalutier ne reprendra la mer que sous une dizaine de jours, le temps que les entreprises de la filière interviennent sur le pont et l'équipent de ses attributs.