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article publié le 3 Décembre 2008

Le trimaran Odonata à l'eau. Le pari de l'électrique

Le trimaran Odonata.
Odonata, clin d'oeil à la libellule, a été mis à l'eau hier au Moulin-Blanc. La société E3H fonde de gros espoirs sur ce trimaran électrique, invité d'honneur du Salon nautique qui commence vendredi.

La sensation est agréable : Odonata, à la carène très profilée, glisse au ras de l'eau, manoeuvre facilement et génère très peu de bruit. Tanguy Le Bihan est aux manettes, deux en l'occurrence. Avec quatre autres associés (1), cet architecte naval a créé cette année la société brestoise E3H (Efficient electric evolved hull). Créneau choisi : les bateaux à très faible impact environnemental. Odonata, trimaran électrique construit près de Brest, est le premier. La société E3H pense à d'autres, de servitude par exemple, pour les ports. Odonata, qui dispose de cinq places assises est, lui, destiné à la plaisance. « C'est un bateau marin. Par un mètre de creux, il se comporte très bien », assure Tanguy Le Bihan, qui estime que ce trimaran peut répondre « à 99 % des besoins des usagers ». Tout en n'étant pas fait pour aller pêcher le bar à Ouessant.

Quatre batteries


Long de 7 m, pour 2,50 m de large, avec un tirant d'eau de 40 cm, Odonata pèse 700 kg et peut atteindre une vitesse maximale de 17 noeuds. Il est équipé, pour la propulsion, d'un système de pods, avec deux moteurs de 5 kW (13,58 ch). Odonata abrite quatre batteries, en lithium ion, de 30 kg chacune. L'autonomie du trimaran est variable suivant la vitesse et le poids. « Nous avons fait des simulations de 50 à 100 milles », explique Tanguy Le Bihan. Les batteries sont rechargeables, à quai ou chez soi, en une poignée d'heures, pour la totalité. Et à un prix qui n'est pas comparable à celui du carburant avalé par un moteur. Le prix du baril peut aussi faire réfléchir...

Un trimaran à 98.500 €


Si Odonata a été construit en sandwich époxy, les suivants le seront en carbone. Le positionnement est plutôt haut de gamme, avec un trimaran à 98.500 €. « Le plus gros, ce sont les batteries. Mais la technologie est en train de progresser, cela va tomber », estime Tanguy Le Bihan. Au demeurant, E3H vise le marché international. « Aujourd'hui, il n'y a pas de concurrence sur ce marché, hormis pour les bateaux fluviaux », indique l'architecte naval. L'objectif de la société est d'arriver à commencer une série à l'été 2009, peut-être une cinquantaine, à raison de deux par mois, avec un assemblage à Brest.

« On s'est battu »


Ce pari est le résultat d'efforts. « Il y a eu beaucoup de bénévolat. Si quelqu'un avait voulu développer le projet, le prix aurait été de l'ordre de 300.000 € », estime Tanguy Le Bihan, dont l'idée est de faire monter progressivement en puissance E3H. « On s'est battu pour avoir des financements. Oséo nous a suivi. C'est aussi une équipe qui s'est forgée ».

(1) Julien Sévellec, Nicolas Floch, Niklas Lenoir et Pierre Le Masson.
 
Vincent Durupt - Le Télégramme