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article publié le 26 Décembre 2007

Brest : Provalys, un géant aux perfectionnements multiples

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Depuis le 28 novembre dernier, le méthanier Provalys est entré dans la cale sèche n° 2 du port de commerce. Le navire de Gaz de France, géré par la compagnie Gazocéan, devrait y rester juqu'au 10 janvier, à l'issue de cet arrêt de garantie d'un an.

L'arrivée du Provalys dans les cales brestoises marque une nouvelle étape pour la Sobrena qui, à cette occasion, accueille celui qui, pour quelque temps encore, est le plus gros méthanier du monde. Avec 290 m de long, 43,50 m de large, 11,60 m de tirant d'eau et une capacité de 154.500 m³ dans ses quatre cuves, ce géant, construit par les chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire, est le plus imposant dans sa catégorie. Avec toutefois des dimensions qui lui permettent un accès dans les principaux ports méthaniers à l'heure actuelle.

Solutions écologiques


Au-delà de ses capacités, le Provalys présente des caractéristiques qui en font un navire très innovant à plus d'un titre et qui répondent aux préoccupations environnementales de notre époque. Les méthaniers ont, en effet, la particularité de voir une partie de leur cargaison s'évaporer. Le taux d'évaporation, de 0,30 % par jour à une époque, est maintenant aux alentours de 0,15 sur les unités plus modernes. Le Provalys, outre un nouveau système d'isolation des cuves limitant ces évaporations naturelles, est doté d'un système de propulsion très novateur. Il utilise en effet ce gaz d'évaporation pour faire fonctionner des moteurs. Ceux-ci actionnent des groupes électrogènes qui, à leur tour, alimentent les moteurs de propulsion. Le Provalys ne rejette donc pas de soufre, pas de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Et lorsque le navire est au ralenti et ne consomme pas la totalité du gaz évaporé, le reliquat est éliminé dans des brûleurs, ainsi que le précise Jacques Sainson, chargé du département technique maritime chez Gazocéan. En outre, les moteurs alimentés ainsi au gaz ont un rendement énergétique supérieur d'environ 30 % au système chaudières-turbines. Un système appelé à se développer à l'avenir dans ce domaine spécifique des transports de gaz qui compte actuellement 218 unités mais dont la technologie déjà très complexe continue à évoluer.

Un Finistérien à la barre

Aux commandes de ce géant qui, en un seul voyage, peut transporter la totalité de la consommation domestique annuelle d'une ville comme Brest, se trouve un Quimpérois, le commandant Guy Gloaguen. Après un IUT de mécanique, il a suivi le cours d'officier technicien, à Nantes, puis ceux de capitaine, à Paimpol puis au Havre. Suivront ensuite des embarquements sur les cargos des Messageries Maritimes, l'Aquilon en 1973 puis les autres unités de cette compagnie pendant 30 ans. C'est en 1994 qu'il embarque sur le Charles-Tellier, un « petit méthanier » de 40.000 m³, qui compte, à l'heure actuelle, plus de 2.000 rotations à son actif. Des années de navigation qui en ont fait un spécialiste de la propulsion « vapeur ». Guy Gloaguen n'en est pas à son premier arrêt technique à Brest, puisqu'à bord du Licorne-Pacifique, il fut un des premiers à fréquenter la forme n° 3. Même si le travail a changé, « beaucoup de travail administratif », Guy Gloaguen est un commandant heureux. « Lorsqu'un tel commandement vient couronner une carrière, on ne peut qu'être satisfait », déclare-t-il.  
Le Télégramme